Chronik von Bruder Guy Musy der Gemeinschaft in Genf

Offenes Buch!

Une mère parle de sa foi à son fils aîné

  • Fr. Guy

Transmettre la foi sans l’imposer

Marion Muller Collard. Croire. Qu’est-ce que ça change ? Labor et Fides 2025, 107 pages.

L’auteure de cette brochure est une théologienne française de confession réformée bien connue par ses publications. Une dizaine de titres figurent dans la bibliographie en fin de l’ouvrage. Je suppose aussi qu’elle est encore jeune, puisque son livre veut répondre à une question posée par son fils aîné de 20 ans. Cette question provient du portable de ce jeune homme qui la réveille en pleine nuit, exactement à 1 heure 08, pour lui demander : « Comment tu peux être encore angoissée, alors que tu es profondément croyante ? »

Son devoir de mère est de répondre à cette question. D’où ce livre, largement inspiré par les réflexions de Paul Tillich, théologien allemand qui avait fui le régime hitlérien. Elle précise à son fils que son livre a pour objectif de répondre à une foule de jeunes qui se posent la même question que son aîné. La pudeur maternelle l’empêche de parler de sa foi à son fils. D’autant plus que le père et le grand-père de son fils, l’un et l’autre fils de pasteur, sont agnostiques.

Pour elle, la foi est son trésor le plus précieux, mais aussi le plus minuscule. Elle pense qu’à trop vouloir le transmettre, on court le risque de le perdre. Rien n’est moins porteur pour la foi que la saturation. Elle craint les catéchètes qui jouent avec l’imaginaire et transforment la foi en mythes pour la rendre acceptable.

L’auteure avoue avoir grandi avec deux options qui lui semblaient équivalentes : croire ou ne pas croire. Cette alternative la tourmentait. Alors, elle a décidé de croire. Elle a décidé de basculer d’un côté plutôt que de l’autre, une fois pour toutes, à l’âge de 16 ans. Si elle a choisi cette option, c’est par continuité avec une foi d’enfance qui ne tenait pas de l’anxiété, mais de l’émerveillement.

Sans grande effusion, croire emporte notre auteure dans une vitalité renforcée. Une forme de gratitude, avec un merci qu’on ne sait à qui adresser quand la beauté nous vrille le cœur. Nous adressons alors ce merci à Dieu. Elle ne sait prier autrement qu’en louant. Toute la beauté du monde ne suffira pas à la consoler du scandale du mal, ni à la prémunir contre l’angoisse. Croire ne change rien à ses grands vertiges. Mais ce que ça change, c’est qu’il se dessine un après, une terre en vue dans la mer déchaînée, une opposition à l’enlisement.

Ce que j’appelle, moi, une résurrection.

Parvenu à cette page du livre, je ne peux pas cacher mes sentiments. Je les exprime avec franchise à mes proches et à mes amis et amies. On dit – et il m’arrive aussi de le dire – que je souffre d’angoisse. Non. Je suis inquiet, parfois anxieux, mais non pas angoissé. Par ailleurs, je rejoins notre auteure quand elle dit que la foi s’exprime par l’émerveillement et la reconnaissance. Plus qu’elle ne le fait, je donne un nom à celui que je remercie. Je l’appelle Dieu depuis ma tendre enfance. Et je crois qu’il demeure présent dans mes bons et moins bons moments. Je ne nie pas mon inquiétude. Je dois apprendre à la surmonter par ma raison et en faisant confiance à l’entourage qui veille sur moi. Tout cela sous le regard de Dieu qui m’aime comme son enfant.

Cette image a été créée avec l'aide de DALL·E.
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