Ce petit livre m’a été offert par l’auteure elle-même, qui a pris la peine d’écrire quelques mots personnels sur l’exemplaire qu’elle me destinait.
Bien sûr, chère Véronique, j’aurai plaisir à le parcourir, ne serait-ce qu’au nom de notre très ancienne collaboration au sein du catéchuménat des adultes de Genève et du souvenir de tes chers parents, qui furent les premiers paroissiens de Saint-Paul à m’inviter à leur table dès mon retour d’Afrique en 1989. Cela ne s’oublie pas.
Puis, ce fut pour toi une formation à l’accompagnement spirituel au Centre Manrèse, dans la province canadienne du Québec. Pendant plus de vingt-cinq ans, tu exerças cet art difficile avant de revenir dans ton pays natal pour devenir aumônière de deux maisons de retraite du canton de Vaud. Tu évoques cette activité dans ton premier livre : Mon pays, c’est la relation. Accompagnement de personnes âgées.
Devenu aujourd’hui membre d’un groupe de personnes handicapées pensionnaire en EMS, je devrais relire ce petit livre.
Mais ton parcours dans le service de l’Église poursuit sa route. Tu renoues avec tes anciennes et premières amours en devenant animatrice au Centre Sainte-Ursule de Fribourg, tout en réservant une part de ton temps – s’il en reste quelque chose – en tant que théologienne au service de santé de l’Église catholique de Genève.
Le second livre de Véronique est introduit par des réflexions intitulées « Toile de fond ». J’imagine qu’il s’agit des axes principaux mis en œuvre dans le corps de l’ouvrage. J’y porterai donc attention. Le reste de l’ouvrage, intitulé « Créer au quotidien », est structuré en courts chapitres, basés sur l’expérience d’accompagnement quotidien de Véronique. Ils illustrent et confirment sa perception fondamentale.
Tout commence par un souvenir personnel qui débouche sur une « révélation ». Véronique, encore jeune, participe un jour à un atelier de créativité dans un décor très coloré, très riche d’objets beaux et variés. Tout l’invite à créer. Elle fut soudain saisie par la conviction que Dieu était là. Elle découvre une facette de Dieu qu’elle ne connaissait pas jusque-là : Dieu est un artiste. Il prend goût à la beauté, il sait même s’amuser en créant et nous invite à prendre part à son jeu.
Cette « révélation » affirme le lien désormais indissoluble, pour Véronique, entre spiritualité et créativité. Elle se promet d’en tenir compte dans ses accompagnements. Comme la prière, la lecture de la Bible, les célébrations, la créativité est aussi un chemin qui conduit à Dieu. Ou mieux, Dieu est présent au cœur de ce cheminement créatif, pas du tout répétitif ou nostalgique, mais au contraire ouvert à la nouveauté d’un royaume surprenant, fait de bonheur et de joie, et qui ne cesse d’advenir.