Chronik von Bruder Guy Musy der Gemeinschaft in Genf

Offenes Buch!

Simone Veil et l’épreuve de la conscience

  • Fr. Guy

Parcours d’une survivante et réflexion sur l’IVG

J’écoute toujours sur Victor l’autobiographie de Simone Veil. Je crois en avoir déjà parlé dans ce blog en octobre.

Très ému par le récit de sa captivité alors qu’elle n’était qu’adolescente. Horrifié par les tortures et les cruautés du système nazi.

Fille d’une famille juive de Nice, elle sera éduquée hors de toute perspective religieuse. Une attitude qu’elle gardera toute sa vie.

Rentrée dans son pays après les souffrances de la déportation, elle se marie et met au monde trois enfants. Elle s’intéresse au droit et à la magistrature. Femme de droite, proche de Giscard d’Estaing et de Chirac, elle devient ministre de la Santé et se préoccupe des avortements clandestins qui causent en France de nombreuses victimes. De là, son action pour légitimer les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Un âpre combat social s’ensuit, dont elle narre les diverses étapes. Elle note au passage que ses discussions sur ce sujet avec l’Église catholique furent sereines, puisque cette communauté religieuse respecte la liberté de conscience. Ce qui n’était pas le cas avec d’autres communautés. Elle se plaint de recevoir d’innombrables lettres anonymes racistes et injurieuses.

Ses relations avec l’État d’Israël, où elle se rend à quelques reprises, ne sont pas très nettes.

Juive non croyante, Simone Veil évite d’instrumentaliser la situation politique par des affirmations religieuses. Trop d’histoire pour trop peu de géographie, a-t-elle l’habitude de convenir.

Simone Veil finira par faire approuver sa fameuse loi IVG par la Chambre des députés et par le Sénat, avec l’appui de la gauche et une minorité de la droite. Son œuvre accomplie, elle démissionne du Gouvernement après cinq années de présence au ministère de la Santé et s’engage à l’Union européenne.

Elle fut élue présidente du Parlement européen et connut des tracas assez semblables à ceux auxquels elle eut à faire face quand elle était membre du Gouvernement français. Malgré tout, elle lutta contre tout nationalisme revanchard, et surtout franco-français, au détriment de l’Europe unie.

Concernant l’IVG, je ne peux approuver le meurtre d’un être humain, fût-il un embryon, mais je comprends la détresse des femmes violentées et des autres qui durent subir une grossesse non désirée. Plusieurs m’en ont parlé. Mais je dois, dans ce blog, respecter mon secret professionnel de prêtre et d’amitié.

Par contre, j’ai toujours déploré que l’aide sociale ne fût pas plus active envers ces femmes, et j’ai fait le peu que j’ai pu pour leur venir en aide.

Finalement, Simone Veil, après avoir présidé le Parlement européen, redevient en France ministre de la Santé. D’autres problèmes ont remplacé ceux soulevés par l’IVG. Ils m’intéressent moins, si ce n’est la nécessité d’écouter la voix du géniteur ou du père dans la décision de recourir à cet acte médical qui demeure contesté par une partie de l’opinion.

Selon Veil, on ne peut accuser les femmes d’infanticide. Elles ne recourent à l’avortement que dans les premières semaines de leur grossesse, alors qu’elles n’éprouvent aucun sentiment maternel pour ce qui est expulsé de leur organisme corporel. On n’a pas fini d’en parler. Il est plus sage que je m’abstienne.

Simone Veil le fait mieux que moi en remettant la décision à la femme seule après avoir consulté une commission appropriée. Ce n’est qu’après cette consultation que l’on peut envisager l’IVG.

Veil distingue la contraception aux frais de la Sécurité sociale de l’IVG, qui veut venir en aide à la détresse de beaucoup de femmes.

L’avortement est un échec et un drame. Il s’agit d’un problème de société auquel l’IVG légalisée veut porter remède.

Le livre et son audition se terminent sur ces réflexions. Non pas une déclaration de guerre aux opposants, mais un appel à prolonger ce débat, par le respect auquel a droit tout être humain. Même s’il faut revenir sur le métier.

Le Panthéon ne pouvait qu’accueillir cette grande dame que la déportation avait déshonorée et déshumanisée. Il était temps de se préoccuper des autres.

Frida Kahlo, Henry Ford Hospital (La Cama Volando), 1932. WikiArt. Œuvre originale : Museo Dolores Olmedo, Mexico. Domaine public.
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