Chronik von Bruder Guy Musy der Gemeinschaft in Genf

Offenes Buch!

Primo Levi

  • Fr. Guy

Un dernier Noël de guerre

Primo Levi. Dernier Noël de guerre. Traduit de l’italien. Paris : Pocket, 2002.

Une publicité marginale a mis sur ma table de travail un choix de nouvelles de Primo Levi (1919-1987), chimiste italien. Arrêté comme résistant en 1943, il sera déporté au camp d’extermination nazi d’Auschwitz. Ce n’est qu’en janvier 1945 qu’il est libéré grâce à l’intervention de l’armée soviétique. Sa mort tragique — un suicide — a bouleversé ses admirateurs et ses nombreux amis.

Une hypothèse : les séquelles des horreurs laissées dans le cœur et le corps de cet amoureux de l’humain, les violences ignobles qu’il a subies et celles dont il fut le témoin, ont fini par éteindre chez lui toute envie de vivre encore dans ce monde cruel et inhumain.

Rentré dans son pays, Primo Levi assume la direction d’une entreprise de produits chimiques tout en commençant à écrire. Son premier livre, paru en 1947, est le journal de sa déportation : un chef-d’œuvre mondialement connu.

Primo Levi est aussi l’auteur de plusieurs nouvelles dispersées dans ses œuvres littéraires, dont celle que je parcours et présente ces jours : « Dernier Noël de guerre », traduite de l’italien et publiée chez Pocket. Le dépôt légal de l’édition qui est entre mes mains mentionne la date de novembre 2024.

Cette nouvelle a servi de titre à l’ensemble d’un petit recueil qui en contient une dizaine. Elles ne sont pas toutes inspirées par la biographie de l’auteur, mais je veux croire que c’est le cas pour ce récit qui relate le dernier Noël de guerre de Primo, quelques jours avant sa libération.

Il parle à la première personne, et tout me paraît vraisemblable. Enfermé avec d’autres scientifiques dans une section particulière du camp de la mort, il accepte, au risque de sa vie, de réparer une crevaison du vélo d’une dame allemande employée dans ce secteur.

Cette dernière risque gros en lui disant « merci » et en lui remettant un œuf en guise de salaire ou de remerciement. Puis, lui arriva ce jour-là un paquet de sa famille ou de ses amis, contenant quelques victuailles inhabituelles.

La nouvelle se propage parmi les détenus, et l’envie aussi. Primo doit organiser le partage et défier les astuces des voleurs. Une nouvelle d’une dizaine de pages, admirablement composée et traduite, pour décrire ce jour de fête où se mêlent quelques brins d’humanité — c’est tout de même Noël — à un univers débile et cruel.

Un peu comme Jésus, dont la joie de venir au monde eut pour cadre une mangeoire d’animaux.
N’est-ce pas le sort de tous les humains ?


 

Cette image a été créée avec l'aide de DALL·E.
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