Lazare de Béthanie
- Fr. Guy
Lazare. Le ravi. Benoist de Sinety. Éditions du Cerf, 2024, 142 pages
Le titre de ce petit livre pourrait évoquer la crèche provençale de Marcel Pagnol. Parmi les santons, « le ravi » tient un rôle de premier plan. Les récits pieux font émigrer en Provence, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, la fratrie de Béthanie poursuivie pour sa foi chrétienne. Elle trouve asile en Provence. Madeleine pleure ses péchés à la Sainte-Baume, Lazare devient évêque de Marseille, et Marthe trouve refuge à Tarascon, là où son tombeau est toujours vénéré dans une collégiale médiévale.
Les évangiles ignorent ces témoignages postérieurs, conformes à la piété populaire de leur époque tardive. Mais celui de Jean atteste les rapports cordiaux que Jésus entretenait avec cette famille et les circonstances de la résurrection de son ami Lazare, qui annonce la sienne.
L’auteur, prêtre parisien missionnaire à Lille, lit dans cet événement toutes nos résurrections qui surviennent après nos morts, grandes ou petites. Selon lui, son livre est un récit nourri de l’Évangile et accessible à tous. Un appel que chacun peut entendre parce qu’il s’adresse à tous.
Il nous rend contemporains d’une fratrie riche d’une expérience que chacun de nous peut vivre : la rencontre intime avec Dieu, qui, par-delà les peines et les solitudes, se révèle joie profonde et intarissable. Bref, ce livre est le roman vrai de Pâques dont chacun peut être le héros.
Un mot pour mettre fin à la présentation de cet écrit. Avant même d’en écrire la première ligne, l’auteur précise « que ses pages n’ont pas l’ambition d’une thèse exégétique. » Elles sont le prolongement d’une nuit et d’un jour, sans être révélation ou vision extatique.
Surtout, elles attestent que chacun peut être retiré de toute misère et de tout abandon. N’est-ce pas là le sens même du nom Lazare : Dieu a secouru ?
À lire à petites doses et avec précaution. Laisser tomber si le livre abonde dans le genre romanesque biblique insupportable. La tentation est grande de faire de Lazare de Béthanie le modèle du scout dont l’auteur du livre est l’aumônier. De toute façon, demeure impérissable le dialogue de Jésus et de Marthe sur la résurrection.