Communisme et christianisme
- Fr. Guy
Le Christ rouge. Guillaume Dezaunay. Éditions Salvator, 2025, 170 pages.
Le titre de ce livre pourrait étonner et même agacer plusieurs lecteurs. Pourtant, son auteur, professeur agrégé et enseignant la philosophie dans un lycée de Metz, n’est pas le propagandiste d’un parti politique comme l’intitulé de son ouvrage pourrait le suggérer. Il n’est pas un missionnaire communiste désireux de convertir des chrétiens à son idéologie. Il se définit plutôt comme un riche de ce monde, un privilégié, tel qu’il se découvre un jour dans un aéroport.
Il décide alors de relire les évangiles et s’étonne de la fréquence des paroles et des gestes de Jésus sur le comportement social et économique de ses contemporains. Beaucoup de paraboles y font allusion (salaire des vignerons, le riche et Lazare, etc.). Non pas pour condamner l’argent et les biens terrestres, mais leur appropriation injuste et leur mauvais usage. Et Jésus de vanter le dépouillement personnel comme la condition du disciple qui veut le suivre. J’écris ces lignes fort bienvenues le jour de la fête de saint François d’Assise, l’époux de la pauvreté et de la simplicité.
Jésus ne parle pas seulement de l’abus de l’Avoir, mais aussi des travers du Pouvoir. Il exalte la condition de serviteur. En vérité, le serviteur est le maître. De nombreux passages évangéliques l’attestent.
L’auteur de ce livre est bien conscient que les chrétiens connaissent ce discours et ces paraboles. Rien de nouveau dans leur contenu. La doctrine sociale de l’Église diffusée par Léon XIII et remise en chantier par le pape Léon XIV le prouve. Mais le moment est venu de la réanimer. Guillaume Dezaunay compare l’usage qu’en font les chrétiens de ce temps à un sachet de thé infusé dans un verre d’eau froide. L’heure est venue de réchauffer l’eau pour rendre au thé toute son efficacité.
Que faire ?
Pour dépasser ses propos qui pourraient être décourageants, l’auteur suggère des pistes d’engagement. Je me réfère au dernier chapitre de son livre que je cite librement. Un chapitre intitulé : « Lutte et contemplation ».
Prière et action sociale forment un binôme évangélique indissoluble. Comme le levain, la prière est secrète, mais comme le lampadaire, l’action illumine toute la maison. Pas de contradiction, mais alternance entre lutte et prière. La prière n’est pas une fin en soi, mais un moyen au service de l’action et de la bonté. Sans elle, l’action perd son sens et sans action la prière est une fuite dans la solitude. La vie de Jésus manifeste cette alternance indispensable, symbolisée par la montagne (le Thabor) où Dieu se manifeste et la mer où il faut lutter contre les éléments déchaînés.
Je laisse au lecteur le plaisir de lire ce livre accessible et profond. Il pourrait en tirer profit.