Un oncle à l’écoute de sa nièce

  • Fr. Guy

Quand la mémoire familiale devient un plaidoyer pour une Église ouverte

J’écoute sur Victor le CD de Geneviève de Simone Cornet : « Journal d’incertitude. Des mots de longue patience ». Un livre que j’ai lu et présenté autrefois. 

Je connais l’auteure et ses idées sur l’Église. Au départ de ce livre, la photo mortuaire d’un oncle séminariste fauché en pleine jeunesse par la grippe espagnole. Geneviève imagine et rédige dans son ouvrage le journal de cet oncle s’il avait survécu et était devenu prêtre et curé de paroisse à notre époque. Comment réagirait-il à la traversée de l’Église de notre temps ?

Les idées de ce prêtre sont bien sûr celles de sa nièce. Elle prête à ce clerc qu’elle n’a jamais rencontré des pensées qui sont les siennes. Hostile et parfois injuste à l’encontre d’un jeune clergé ensoutané et emmitouflé dans des dogmes et des pratiques surannés, Geneviève se dit adepte d’une Église qui vit l’Évangile au rythme d’un monde dont elle est à l’écoute. Une Église qui n’est pas un musée rituel ou une administration pénitentiaire, mais l’incarnation du Christ dans notre temps.

Une conviction parcourt tout le livre : le sacerdoce n’est pas synonyme de pouvoir et de ségrégation. Geneviève ne voit pas pourquoi les femmes, parce que femmes, ne peuvent y avoir accès. Sans présider l’eucharistie, il lui arrive déjà de prononcer l’homélie, même si elle n’a pas été ordonnée pour exercer cette fonction ecclésiale. Un bon début de carrière de prêtre. Au ciel, son oncle doit jubiler.

Cette image a été créée avec l'aide de DALL·E.