Léon XIV : le calme après la tempête

  • Fr. Guy

Réflexions à partir du livre de Jean-Marie Guénois

J’achève l’audition d’une cassette reproduisant un livre de Jean-Marie Guénois, journaliste au Figaro.

L’ouvrage est intitulé : Léon XIV. De révélations en révélations. Ce livre de format modeste (220 pages) a paru aux Éditions du Cerf en 2025. Je n’en extrais que quelques éléments qui me parlent particulièrement.

Son auteur est reconnu comme un expert vaticaniste français. Deux ouvrages sur cette thématique l’ont fait connaître au-delà des rives de la Seine. L’un est consacré à Benoît XVI, le second au pape François qui, selon notre auteur, fait entrer la révolution dans l’Église.

Le moins qu’on puisse dire est que Guénois n’est pas l’ami intime de Bergoglio. Il va jusqu’à reprocher au pape François que son logement à l’Accueil Ste Marthe était plus dispendieux que les appartements pontificaux du Palais du Vatican mis à sa disposition.

Nous voilà donc avertis. Le pape Léon c’est le calme après la tempête. Le calme ou le retour au passé ? Ne jugeons pas hâtivement. La question est plus complexe qu’elle ne paraît.

Cet ouvrage mérite d’être lu ou écouté au-delà des agacements qu’il pourrait provoquer.

Son grand mérite est bibliographique. Guénois reproduit intégralement les premières prises de paroles du nouveau pape : allocutions diverses, homélies, etc.

Guénois se réfère aussi à un long et très riche entretien avec un cardinal électeur, proche du nouvel élu. Un texte qui élargit notre horizon, sans trahir le secret du conclave. Il répond incidemment à une foule de questions subsidiaires qui ne nous seraient jamais venues à l’esprit. 

J’en cite quelques-unes : le pape Léon et l’Opus Dei, son comportement dans les abus sexuels commis par des membres du clergé, ses origines étatsuniennes, ses relations avec Trump, le fait que Luther fut moine augustin lui aussi, etc.

Je préfère retranscrire en résumé ce que j’ai pu prendre au vol et percevoir de cette audition qui honore notre nouveau pape et l’Église confiée à sa gouvernance.

En tout premier lieu, son intériorité et sa prière de type augustinien adressée à un Dieu plus intime à nous-mêmes qu’à lui-même. Léon XIV est un priant, un spirituel.

Le mot synode ou gouvernement qui tient compte de la concertation, d’abord avec le collège des cardinaux, pourrait aussi être la marque de ce pontificat. La discussion et l’écoute synodales vont de pair avec la liberté décisionnelle du nouveau pape. L’auteur du livre le classe parmi « les hommes à poigne ».

Son nom de sonorité française ou créole, ses années passées en Amérique du Nord et du Sud, puis à la Curie romaine font de lui un catholique dans le sens plénier de ce terme : un disciple de Jésus universel.

Sa passion et son devoir de pasteur universel sont de se mettre au service de cette communion de croyants souvent fragilisée et tiraillée du fait de sa diversité. Non pas une politique de remise en ordre, mais une paix et une concorde mises en honneur par la Règle de saint Augustin, un modèle pour une humanité déchirée.

Nous n’attendons pas de ce pape des interventions diplomatiques extraordinaires, mais un message apaisant qui déborde de paix et de sérénité. Peuvent en témoigner ceux et celles qui ont eu la chance de le fréquenter ces derniers mois.

Sans faire partie de ce groupe privilégié, sa présence au cœur de la chrétienté me réconforte, me rassure et m’apaise. Dieu soit loué !

Cette image a été créée avec l'aide de DALL·E.