Le frère Adrian Schenker reçoit la médaille Canstein

Une distinction décernée par la Société biblique allemande pour son engagement exceptionnel au service du texte biblique

Le 8 juin 2026, lors de sa réunion plénière à Wiesbaden, la Deutsche Bibelgesellschaft — la Société biblique allemande — a décerné la médaille Canstein au frère Adrian Schenker, dominicain, exégète et professeur émérite d’Ancien Testament à l’Université de Fribourg.

Cette médaille, qui porte le nom de Carl Hildebrandt von Canstein, fondateur en 1710 à Halle-sur-Saale de la première société biblique au monde, est attribuée depuis 1981 à des personnes qui se sont engagées de manière remarquable pour la diffusion et la compréhension de la Bible.

Le frère Adrian Schenker reçoit cette distinction en reconnaissance de son travail de plusieurs décennies comme éditeur principal de la Biblia Hebraica Quinta. Cette édition scientifique de la Bible hébraïque, c’est-à-dire de l’Ancien Testament, s’inscrit dans une tradition commencée en Allemagne en 1906. Aujourd’hui, elle est portée par une équipe internationale et interconfessionnelle de chercheurs, dont plusieurs sont liés à l’Institut Dominique Barthélemy de l’Université de Fribourg.

L’objectif d’une telle édition est de mettre à la disposition des lecteurs un texte hébraïque aussi fiable et aussi proche que possible de ses formes anciennes. Ce travail constitue une base essentielle pour la recherche théologique, pour la vie de l’Église et, tout particulièrement, pour le travail des nombreux traducteurs de la Bible à travers le monde.

Une contribution importante du frère Adrian Schenker concerne la place accordée aux anciennes traductions de la Bible, en particulier à la traduction grecque dite de la Septante, réalisée aux IIIe et IIe siècles avant Jésus-Christ. Longtemps, le texte hébraïque transmis par la tradition massorétique, fixé dans sa forme classique au Ier siècle après Jésus-Christ, a été considéré comme la référence presque incontestable. Lorsque les anciennes traductions s’en écartaient, on attribuait volontiers ces différences aux traducteurs eux-mêmes, supposés avoir mal compris ou adapté trop librement le texte.

Les recherches du frère Adrian ont montré que, dans de nombreux passages, les anciens traducteurs avaient probablement sous les yeux un texte hébraïque différent de celui que nous lisons aujourd’hui. Il ne s’agissait donc pas simplement d’erreurs ou de libertés de traduction, mais du témoignage d’une histoire plus riche et plus complexe du texte biblique.

La Biblia Hebraica Quinta publie ainsi le texte hébraïque traditionnel, tout en l’accompagnant de notes qui permettent de mieux comprendre comment ce texte a été transmis, actualisé et reçu au fil des siècles. Le lecteur entre alors, même brièvement, dans l’histoire vivante de la Bible hébraïque.

Cette perspective revêt une grande importance théologique. Elle rappelle qu’un texte sacré comme celui de l’Ancien Testament n’est pas une réalité figée, mais qu’il s’inscrit dans une tradition vivante. La Parole de Dieu a été transmise, interprétée et parfois même retravaillée afin de demeurer audible dans sa vérité pour les générations successives.

Les Dominicains de Suisse se réjouissent de cette distinction accordée à l’un de leurs frères. Nous félicitons chaleureusement le frère Adrian Schenker pour cette reconnaissance méritée de son immense travail au service de l’Écriture Sainte.

Le frère Adrien Schenker (photo : la rédaction)