En photos — La famille dominicaine réunie à Estavayer-le-Lac
Une fête de famille autour de saint Dominique
Hier, samedi 8 août, le monastère des Dominicaines d’Estavayer-le-Lac a accueilli près de 120 personnes pour célébrer la solennité de notre Père saint Dominique. Chaque année, cette fête offre aux différentes branches de l’Ordre des Prêcheurs l’occasion de se retrouver autour des moniales, dans un lieu profondément marqué par la prière dominicaine. La célébration de cette année avait cependant un éclat tout particulier : elle coïncidait avec le vingt-cinquième anniversaire de profession religieuse de sœur Anne-Sophie.
La messe solennelle, célébrée à 11 heures dans l’église du monastère, était présidée par le frère Nicolas-Jean Porret, du couvent de Genève et membre de la famille de sœur Anne-Sophie. Le frère Rémy-Michel Marin-Lamellet, du couvent Saint-Hyacinthe de Fribourg, a prononcé l’homélie. La liturgie a ainsi placé au cœur de cette journée la vocation à laquelle saint Dominique continue d’appeler ses fils et ses filles : contempler la Parole de Dieu, la célébrer ensemble et en transmettre la lumière.
Pour sœur Anne-Sophie, entourée de ses sœurs de communauté, de sa famille et de ses amis, cette fête fut aussi un moment d’action de grâce pour vingt-cinq années de fidélité à sa profession monastique. Deux de ses sœurs, ses neveux et nièces, ses filleules, plusieurs cousins et cousines, une tante ainsi que son frère, le frère Nicolas-Jean Porret, étaient notamment présents pour partager sa joie.
Des frères, des sœurs et des laïcs venus de plusieurs communautés
La nombreuse participation des différentes composantes de la famille dominicaine donnait à la fête son caractère profondément fraternel. Six frères de l’Albertinum de Fribourg avaient fait le déplacement : le frère Luc-Thomas Somme, prieur, ainsi que les frères Paul-Bernard Hodel, Guido Vergauwen, Jean-Baptiste Brantschen, Charles-Antony et Silvère. Plusieurs frères du couvent de Genève étaient également présents, parmi lesquels le frère Jean-Michel Poffet, prieur, le frère Didier Boillat, prieur du Vicariat dominicain de Suisse, et le frère Nicolas-Jean Porret, qui présidait l’Eucharistie.
Le couvent Saint-Hyacinthe de Fribourg était représenté par les frères Emmanuel Durand, Didier Caenepeel, Simon Meyer et Rémy-Michel Marin-Lamellet. Un frère venu de Bordeaux ainsi qu’un prêtre de Nîmes se sont également joints à la célébration. La présence de l’abbé Marc Donzé et du chanoine Michel Suchet témoignait, elle aussi, des liens d’amitié et de communion qui entourent le monastère.
Les différentes branches féminines de la vie religieuse étaient largement représentées. Dix-huit sœurs de Bourg-en-Bresse avaient répondu à l’invitation, ainsi que trois sœurs hospitalières et sœur Thérèse-Marie de la Congrégation romaine de Saint-Dominique. À leurs côtés se trouvaient une quinzaine de laïcs dominicains. Réunis avec les huit moniales de la communauté d’Estavayer, les frères, les religieuses, les prêtres, les familles et les amis formaient une assemblée particulièrement riche dans sa diversité. Cette présence nombreuse manifestait visiblement l’unité d’une famille dominicaine composée de vocations et de formes de vie différentes, mais rassemblée par un même héritage spirituel et une même mission de prédication.
Plus de sept siècles de prière dominicaine à Estavayer
Cette rencontre prenait une profondeur particulière dans le cadre du monastère d’Estavayer-le-Lac. La communauté trouve son origine dans un premier établissement de moniales fondé vers 1280 à Chissiez, près de Lausanne. En raison de l’isolement et de l’insécurité des lieux, une partie des sœurs quitta Lausanne en décembre 1316 pour s’installer à Estavayer, où Guillaume d’Estavayer, chanoine de la cathédrale de Lausanne, leur avait procuré une propriété située à l’abri des remparts de la cité.
Depuis lors, une communauté de moniales dominicaines vit et prie sans interruption à Estavayer-le-Lac. Pendant plus de sept siècles, les sœurs y ont traversé les transformations de l’Église et de la société, les guerres, les épidémies, l’effondrement et la reconstruction d’une partie des bâtiments ainsi que les bouleversements consécutifs à la Révolution française. Leur présence fidèle a fait du monastère un lieu emblématique de la vie contemplative dominicaine.
Au fil de son histoire, le monastère a accueilli plusieurs grandes figures spirituelles. Saint Vincent Ferrier y prêcha en 1404. Le bienheureux Humbert de Savoie contribua généreusement à l’édification du sanctuaire au XVe siècle, tandis que le père Henri-Dominique Lacordaire, restaurateur de l’Ordre dominicain en France, visita les moniales en 1842. En 1857, le saint curé d’Ars aurait prédit que le monastère subsisterait longtemps et accomplirait beaucoup de bien. Aujourd’hui encore, au cœur de la vieille ville, la journée des sœurs demeure rythmée par la prière personnelle, l’office divin, l’Eucharistie, l’étude et le travail. Cette histoire, commencée il y a plus de 700 ans, se poursuit donc quotidiennement dans la discrétion et la fidélité. Découvrir l’histoire du monastère.