Aujourd’hui, nous célébrons saint Dominique, un saint discret, un saint qui n’attire pas immédiatement l’attention de nos contemporains comme les autres fondateurs des ordres religieux ou congrégations religieuses. Il ne séduit pas, au sens premier de séduction, "conduire à soi". La grandeur de Dominique fut d’être une partie d’un ensemble plus grand que lui. S’il a pu fonder l’Ordre des Prêcheurs, ce n’est pas parce qu’il s’est employé de lui-même à créer quelque chose de nouveau dans l’Église, mais parce que, progressivement, il s’est engagé à rester fidèle à la Providence : aucun stress ni vaine gloire. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’était pas sûr de lui. Au contraire, il ne voulait pas prendre ou changer des décisions de façon plus radicale sans faire référence à sa foi en Dieu. C’est pourquoi l’obéissance à Dieu le rendait libre de faire ce qui devait être fait, sans agitation. Saint Dominique avait une hantise du don total de soi au service spirituel des hommes. Seigneur, que deviendront les pécheurs ? Ce cri angoissé trahit cette préoccupation. Saint Dominique est, pour nous et pour l’Église, un apôtre de compassion et de miséricorde. Il se penche sur les hommes, tels qu’ils sont, avec leurs problèmes et leurs misères. Il va vers eux pour les approcher de Dieu. Aujourd’hui, à la suite de saint Dominique, tous (frères, sœurs et laïcs de l’Ordre), nous devons nous considérer comme des envoyés pour prêcher la Bonne Nouvelle de Jésus autour de nous, surtout auprès de celles et ceux qui sont victimes de la dureté des temps.
Homélie et photographies : la fête de notre Père saint Dominique
La messe de la fête de saint Dominique a été célébrée aujourd'hui, 8 août 2025, au monastère d'Estavayer-le-Lac, en présence de la communauté des sœurs, des frères et de nombreux fidèles venus partager ce moment de grâce. Cette célébration marquait le dies natalis de notre père saint Dominique, fondateur de l'Ordre des Prêcheurs, c'est-à-dire le jour de son entrée dans la vie éternelle.
Ce fut une journée ensoleillée, pleine de chaleur, de fraternité et d’amitié. Environ cent personnes étaient présentes, malgré l’absence de plusieurs habitués retenus par les vacances, le jubilé et le fait que la fête tombait cette année un jour ouvrable.
La messe solennelle, célébrée à 11 h, était présidée par le frère Rémi-Michel Marin-Lamellet — pour lui, la première messe de saint Dominique — assisté du frère Thomas.
L’homélie fut prononcée par le frère Romaric Mandaba, prieur du couvent Saint-Joseph de Douala (Cameroun), en séjour d’un mois comme aumônier auprès des sœurs jusqu’au 9 août. En voici un extrait :
Neuf frères étaient présents : ceux de Genève, de Saint-Hyacinthe et de l’Albertinum, parmi lesquels les frères Nicolas-Jean Porret, Pierre de Marolles, Guy Musy, Emmanuel Durand et Adrian Schenker. Étaient aussi réunis les sœurs, les laïcs dominicains, les amis du monastère, les bénévoles et les paroissiens réguliers. Cette année, nous avons eu la joie d’accueillir également la famille du frère Jean-Marie Mérigoux, venue de France.
La liturgie a été portée par le chant grégorien propre à l’Ordre des Prêcheurs, notamment l’antienne des premières vêpres : Transit pauper ad regni solium… præsens cedit luctus in gaudium. Le chant, à la fois sobre et lumineux, a élevé les cœurs et donné une tonalité de paix et de joie à toute la célébration. L’église d’Estavayer, familière de cette tradition musicale, a une fois de plus résonné avec ferveur et recueillement. L’accompagnement musical a été enrichi par la flûte traversière de Bernadette Bernet.
Le frère Romaric a invité les fidèles à marcher à la suite de Dominique, apôtre de la lumière et du discernement. Il a rappelé que notre monde a toujours besoin de témoins enracinés dans la prière, passionnés par la Parole, et disponibles pour le service de la vérité. Il a conclu son homélie avec cette parole de l’Écriture, souvent appliquée à saint Dominique :
« Il était comme l’étoile du matin… comme le soleil resplendissant… comme l’arc-en-ciel qui illumine de gloire les nuages. »